Les 12 erreurs de débutant à éviter

Il ne faut pas avoir peur de faire des erreurs, surtout quand on commence la culture des champignons. Voilà 12 erreurs de débutant que j’ai moi même commises et que j’aurais aimé éviter quand j’ai commencé à cultiver les champignons. Même si la plupart d’entre nous aimons faire nos propres erreurs, apprendre des erreurs des autres est toujours quelque chose d’enrichissant !

La 1ere des erreurs de débutant: Vouloir tout faire

Quand on commence la culture de champignons, on est tellement excité que l’on aimerait tout faire! Cultiver toutes les espèces de champignons, fabriquer des géloses, créer des culture liquides, utiliser une hôte à flux laminaire.. !

Mais comme toutes activités, comme tous métiers, il faut commencer par le commencement.

Je vous ai fait une petite liste, que je suis moi-même pour me donner des objectifs, par rapport à la culture des champignons

  • Étape 1 : Gérer un bloc  » Prêt à pousser« , le faire fructifier chez soi en gérant les conditions extérieures, et en restant focalisé dessus.
  • Étape 2 : Créer son propre substrat et l’inoculer avec un bloc de mycélium. Pendant cette seconde phase, vous pouvez vous focaliser sur la composition des substrats, la supplémentation et la stérilisation.
  • Étape 3 : Fabriquer son propre mycélium à partir de gélose ou de culture liquide. Pour finir, vous pouvez apprendre comment faire des clonages, des transferts sur agar, sur grains, apprendre à faire une emprunte de spore, et globalement tout ce qui concerne l’hygiène de manière approfondie.

Avec cette approche, vous avez moins de risque de connaître de gros échecs si vous maitrisez une étape après l’autre. Il ne faut pas grand chose pour commencer à faire pousser les champignons, je vous laisse découvrir le matériel de base.

Vouloir tout faire des le début est une erreur basique de débutant..!
Moi, m’imaginant à mes début en culture de champignon. La réalité était fondamentalement différente…

Trop penser

Après avoir lu une tonne de livres, je ne me sentais toujours pas prêt à commencer. Il fallait toujours peaufiner un détail ou deux sur le papier..

Mais en réalité, j’ai appris et compris la plupart des choses que je connais sur la culture des champignons en pratiquant. Beaucoup d’erreurs pour beaucoup de choses apprises.

Même si vous n’êtes pas entièrement sûr de vous, inspirez-vous des 3 étapes écrites précédemment en haut et lancez-vous. Ça ne sera sûrement pas parfait, vous ferez certainement des erreurs de débutant, mais c’est en cultivant du mycélium que l’on devient myciculteur !

L’impatience

La vitesse et l’efficacité sont nécessaires à certaines étapes de la culture des champignons. Mais pour ne pas faire d’erreurs, il est important de garder le contrôle des opérations avec une approche méthodique.

L’impatience peut-être un facteur d’erreur sur le long terme:

  • L’ achat de matériel de manière impulsive et non réfléchie.
  • Commencer la culture d’un champignon complexe sans base.
  • Essayer de réaliser une technique dont on ne maitrise pas les fondamentaux..
Les myciculteurs qui ont lu cet article on aussi lu  Faire pousser des champignons sans kit?

L’impatience peut également être un facteur d’erreur sur le court terme:

  • Introduire le mycélium trop vite dans un substrat stérilisé encore trop chaud.
  • Ne pas attendre assez longtemps que le mycélium sorti du frigo soit à température ambiante pour servir à ensemencement.
  • Ne pas attendre que le mycélium est entièrement colonisé le substrat avant de lancer la fructification.
  • Remplir trop vite les conteneurs pour la fructification sans les tasser convenablement.
  • Ne pas stériliser assez longtemps le substrat pour rapidement passer à la suite..
Beaucoup d'erreurs de débutant dût à d'impatience sont faites lors de l'incubation du mycélium.
Ce pridormium de pleurotus ostreatus à commencé à pousser sous le sac, car le substrat n’a pas été suffisamment tassé. Ou bien, les conditions d’incubation ont été négligées, ce qui a conduit à une fructification précoce.

Ne pas suffisamment considérer l’hygiène.

Avec l’impatience vient la paresse. Ne pas porter attention à l’hygiène de manière générale, c’est tout ce qu’il ne faut pas faire pour progresser en culture des champignons.

Entre chaque cycle, chaque culture ou chaque manipulation, de manière générale, prenez le temps de :

  • Stériliser vos outils.
  • Porter des gants ou/et utiliser une solution d’alcool à 70% sur vos surfaces de travail.
  • Ne pas tenir fermé votre stérilisateur après utilisation pour ne pas conserver d’humidité à l’intérieur.

Si vous connaissez les potentiels sources de contaminations pour chaque étape vous réduisez également les chances de les voir apparaitre.

La Stérilisation

En parlant d’hygiène, l’un des endroits qui doit être le plus propre, c’est bien le substrat. C’est le lieu qui va être colonisé par vos champignons.

Une des erreurs classiques en culture de champignon, c’est de trop stériliser ou de ne pas assez stériliser. Si vous stérilisez trop, le substrat va devenir sec et/ou brulé. Si vous ne stérilisez pas assez, les contaminants seront présents à un niveau gênant pour la croissance du mycélium.

De la même manière, pasteuriser trop longtemps de la paille, pour des pleurotes, par exemple, peut s’avérer contre production. Celle-ci peut commencer à se décomposer sous l’action d’une chaleur trop prolongée. Or les pleurotes qui sont des champignons décomposeurs primaires, ont besoin de la structure non décomposée de la paille pour tirer leur énergie, sous peine de voir la production diminuée.

Trouver la bonne méthode de stérilisation ou de pasteurisation vous amènera à avoir de meilleur résultat!

Une mauvaise pasteurisation ou stérilisation est une erreur qui ne pardonne pas.
Trois erreurs sur cette image : La première, une pasteurisation trop courte de 30 min qui a permis à un Pénicillium ( couleur vert-bleu) de s’installer plus rapidement que la culture. La deuxième : Garder en culture ce sac contaminé, de plus ouvert, en phase de fructification. La troisième : Une incubation à trop basse température qui m’a obligé à mettre les sacs en culture de manière précoce, les premiers primordias s’étant formés au bout de 3 semaines.

L’inoculation

Une autre erreur classique se fait pendant l’inoculation.

Les quantités utilisées pour le largage doivent être précises. Si vous n’utilisez pas assez de mycélium le substrat sera colonisé plus lentement et les contaminants auront plus de temps pour se développer sur le substrat.

Si trop de mycélium est utilisé pour ensemencer le substrat, celui-ci peut chauffer fort et rapidement. Une trop grande chaleur peut cuire le mycélium au centre du sac.

Croire que les champignons n’ont pas besoin de lumière

Beaucoup de débutants, dans la culture du champignon font l’erreur de croire que les champignons n’ont pas besoin de lumière. Or c’est faux, il s’agit d’un paramètre de culture important.

Tous les champignons en ont besoin. Excepté le champignon de Paris, agaricus bisporus, qui peut pousser dans l’obscurité totale.

Le mycélium, lui même, n’en a pas besoin. Mais pour initier la fructification, vous en aurez besoin.

Une lampe à led avec laquelle on peut lire, est suffisante pour apporter de la lumière à une culture de champignons.

Les myciculteurs qui ont lu cet article on aussi lu  Quelles sont les 6 sources de contamination?
La lumière est un facteur important. S'en passerconstitue une des erreurs classique du débutant.
Culture de pleurotus ostreatus avec un faible apport de lumière, les champignons se sont très peu développés.

La plus classique des erreurs de débutant: Ne pas connaître les souches que l’on cultive

Quand on a choisi une espèce de champignon, parce qu’elle est bonne à manger, ou parce que nous la trouvons funky, c’est une bonne chose !

Mais il faut absolument en connaître un peu plus sur le champignon que vous allez cultiver. Quels sont ses paramètres de culture ? Comment se nourrit-il? A-t-il besoin de chaleur ou plutôt d’une température basse ? Le temps d’incubation est-il long ou court? Plutôt une pasteurisation ou une stérilisation pour ce champignon? Etc.

Les pleurotes sont des champignons pour débutant que je vous conseille. Mais rien que pour eux, des différences de culture existent déjà. Par exemple, la pleurote grise (pleurotus ostreatus) et la pleurote rose ( pleurotus djamor) ne fructifient pas à la même température.

TOUS les champignons ont des besoins spécifiques, prenez le temps de vous renseigner. 🙂

Nourrir tous les champignons avec le même substrat

Le substrat est la nourriture que vous donnez à vos champignons. Une erreur commune consiste à préparer la composition des substrats de la même manière pour tous les champignons.

Chaque champignon aura des prédispositions à mieux pousser sur un substrat qu’un autre. Connaître quelle est sa nutrition est une bonne base.

Il existe trois « types » de champignons que l’on peut cultiver:

  • Les champignons décomposeurs primaires qui se nourrissent de matière organiques fraiches.
  • Les champignons décomposeurs secondaires qui se nourrissent de matières moins fraiches, plus dégradées.
  • Les champignons mycorhiziens qui ont besoin d’un hôte vivant, un arbre le plus souvent pour vivre.

Si vous voulez en savoir plus sur les types de champignons que l’on peut cultiver, je vous propose cet article.

Ne pas bien gérer l’humidité

Dans la liste des erreurs, celle-ci est également à double tranchant. Le substrat, puis le champignon lui-même sont souvent trop arrosés, ou bien .. pas assez!

Si le substrat est trop humide, il peut devenir un lieu de contamination. Notamment pour les organismes anaérobies qui pourraient se développer en cas d’accumulation d’eau au fond du contenant.

Si le substrat est trop sec, le mycélium ne pourra pas se développer correctement non plus, il manquera d’eau pour vivre convenablement.

C’est la même chose pour la phase de fructification, si vous humidifiez trop, les fructifications auront plus de chance d’être contaminées. Et s’il n’y a pas suffisamment d’humidité, celles-ci pourraient sécher.

Trop d"humidité dans le substrat à propablement était ma première erreur visible en culture de champignon
On observe que le mycélium ne s’est pas correctement développé dans une zone du substrat, celle-ci contenant trop d’humidité et a créé une zone d’anaérobiose ( sans oxygène).

La 12e des erreurs de débutant : Ne pas bien programmer, s’organiser

Ne pas bien programmer fait partie des erreurs de débutant dans la culture des champignons. Qu’il s’agisse du temps de ventilation dans la chambre de culture, ou bien, de lancer une succession de sac de culture qui doivent produire de manière continue.

Ces procédés sont importants à maitriser, surtout quand on travaille avec quelqu’un qui nous achète nos champignons. Il faut être précis et organisé dans son travail.

Une autre variable de programmation que l’on ne considère pas toujours, c’est le substrat. Si le substrat est composé de quantité variable, de différentes essences ( le plus souvent récupérées en scierie ) alors la durée de l’incubation sera variable, même si les paramètres extérieurs sont contrôlés. Même chose pour la fructification, les rendements seront variables en fonction de la composition de la sciure.

Les myciculteurs qui ont lu cet article on aussi lu  6,5 paramètres pour le design de la chambre de fructification

Il ne faut pas hésiter à se documenter pour gérer au mieux chaque chose que l’on entreprend de faire, pour cultiver les champignons.

De plus prendre des notes de chaque chose que l’on a fait, tester, permet de garder des traces des échecs/réussites, pour choisir la marche à suivre ou à éviter la prochaine fois.

Ce qu’il faut retenir sur les erreurs de débutant en culture de champignon

Comme vous l’avez remarqué, beaucoup d’erreurs viennent de l’impatience et de l’ignorance de certaines informations. Du fait de vouloir tout faire en même temps, en survolant des éléments importants, comme la connaissance des souches, la technique de stérilisation ou bien la composition du substrat. Prenez le temps d’apprendre un peu de théorie avant de vous lancer dans des choses pratiques plus conséquentes.

Et vous, dites-nous en commentaire quelles erreurs vous auriez aimé éviter ? 🙂

Si vous avez aprécié mon article vous êtes libre de le partager!

6 réponses sur “Les 12 erreurs de débutant à éviter”

  1. Article très intéressant, bien que je m’étais jamais penché sur la culture de champignons … finalement c’est tout un art et comme tout art les racines proviennent de l’envie et du talent mais le tronc ne s’élève que par la patience et la persévérance 😉

  2. Très intéressant ! Nous allons faire notre première expérience dans les jours à venir 😊 je prends bonne note

  3. Jimmy SAIBO dit :

    Bonjour, ça fait quelques temps que j’essaye la culture de pleurotes. Toujours rien. J’ai cependant repéré 3 détails qui m’encouragent à recommencer. Il faut noter que ma difficulté reste l’acquisition de mycelium fiable car je suis en outre-mer.

    1. La réussite est une succession d’échec.. Effectivement je comprends votre difficulté. Les pleurotes ne sont pas des espèces qui poussent éventuellement sur votre territoire?

  4. Comment mesure t’on la quantité de semence à inoculer dans le substrat contenu dans le bocal apres stérilistion ?

    1. Le lardage est la quantité de semence, exprimé en % du volume du substrat. Le volume à utiliser dépend de la quantité, de la qualité de substrat que vous possédez, du type de substrat que vous utilisez. Globalement entre 1 % et 10% du volume total.
      Commencez par un haut taux de lardage pour favoriser la réussite de votre colonisation.

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