La culture du shiitaké et 3 spécificités pour bien le faire pousser !

Après avoir testé la culture de tous les types de pleurotes, je me suis décidé à me lancer dans la culture du shiitaké ! J’ai donc regroupé les informations importantes liées à sa culture. Je vous partage dans cet article, l’histoire de la culture du shiitaké, ses vertus et mes meilleurs conseils pour le cultiver : connaitre les différentes souches, savoir faire brunir vos substrats et comment imiter la nature pour obtenir le meilleur de sa culture de shiitaké. Allez, c’est parti les myciculteurs !

Une courte histoire de la culture du shiitaké

Le shiitaké est un champignon saprophyte ( il se nourrit donc de végétaux morts) originaire des montagnes tempérées de l’Asie.

Les plus anciens écrits parlant de la culture du shiitaké, stipules que Wu Sang Kwuang, un membre chinois de la dynastie des Sung (960-1127), est l’un des premiers à avoir observé une amélioration du rendement des shiitakés en frappant et mouillant les bûches ensemencées. Une autre légende raconte que ce sont les moines japonais qui ont été les premiers à domestiquer la culture du shiitaké..

Les shiitakés ne sont pas seulement cultivés, ils se trouvent aussi à l'état naturel.
Shiitakés sauvages poussant dans une forêt.

Mais globalement nous ne seront jamais réellement comment cela a commencer, ni quel peuple a été le premier à apprivoiser Lentinula edodes, de son nom scientifique.

Le shiitaké est également appelé Lentin du chêne. Il pousse souvent de manière opportuniste sur de nombreuses espèces d’arbres à l’état sauvage, comme le hêtre, le bouleau et le châtaigné.

Si l’on décompose son nom, « také » signifie « champignon » et « shii » veut dire « sur l’arbre« . Cet arbre, le shii, sur lequel pousse le plus communément le Shiitaké, s’appelle Castanopsis cuspidata.

Après une longue période d’incubation en Asie, la culture industrielle du Shiitaké est arrivée en Amérique dans les années 70. Les deux continents ont alors commencés à le cultiver sur un substrat stérilisé contenu dans un sac de culture, en condition contrôlée, relativement rentable. Aujourd’hui, cette culture s’est étendue au reste du monde.

Même si ce shiitaké a fait vivre des milliers de personnes pendant des centaines d’années par le passé, aujourd’hui la culture sur rondins ou sur bûche s’avère, de manière générale peu rentable. Elle reste cependant d’actualité dans des environnements naturels et constants en humidité, favorables aux champignons.

Le shiitaké : un champignon multi-potentiel

Ce petit champignon brun est plein de potentiel. Tout d’abord, c’est un excellent comestible, une fois qu’il est bien cuit. La texture du lentin du chêne, est l’une des plus fermes du monde des champignons, et il existe une multitude de manière de le cuisiner. Pour ma part, simplement grillé avec de la sauce soja, c’est un délice !

En plus d’être un excellent comestible, lentinula edodes est un champignon médicinal aux vertus peu communes ! On l’appelle également le champignon de la longévité, et ses propriétés médicinales peuvent faire pâlir le pauvre agaricus biosporus ( Champignon de Paris) en comparaison.

Les shiitakés sont d'exellent champignons comestibles et médicinaux.
Des shiitakés séchés dans un marché japonnais.

Il a en effet une action contre le vieillissement, les maux de tête, les vertiges, le stress et les inflammations, notamment la polyarthrites rhumatoïde.

C’est probablement toutes ces choses qui en font le deuxième champignon le plus cultivé au monde après le champignon de Paris.

Les techniques de culture du Shiitaké

Quoique l’on en dise la culture du shiitaké n’est pas si évidente et ce n’est pas vraiment un champignon de débutant. Si elle reprend les grandes lignes des 7 étapes de culture des champignons et reste soumise aux paramètres de culture de base, la culture du shiitaké n’est pas tout à fait comme les autres..

Connaitre les différentes souches de shiitaké

Chaque champignon a des caractéristiques différentes, des paramètres de culture qui lui sont propres. Cela est encore plus vrai avec lentinula edodes. Il existe en effet trois grandes « catégories » de shiitaké. Elles se distinguent principalement par leurs températures de fructifications et l’ornementation du chapeau. ( un deuxième aspect que je ne développerai pas ici. )

  • Souches pour climats chauds: Un lentin du chêne pour les zones chaudes. Connu pour être cultivé en Éthiopie, sa température de fructification est souvent au dessus de 24°C.
  • Souches pour climats froids: parfaites pour les zones froides, ou l’hiver en zone tempérée, la fructification de ces shiitakés s’effectue entre 2°C et 10°C.

Les deux variétés précédentes s’adaptent particulièrement bien à la culture extérieure, notamment sur les rondins ou les bûches.

Culture de shiitaké sur rondins de bois
Les shiitakés sont cultivés traditionnellement sur des bûches de feuillus
  • Souches pour climat tempérés: Très utilisées pour la culture en intérieur contrôlé. Typiquement leur température de fructification se situe entre 15°C et 21°C. Ces souches ont été sélectionnées génétiquement pour l’efficacité de leurs enzymes à dégrader la matière organique pour produire des nutriments, pour fructifier rapidement et pour avoir un faible temps de latence entre chaque récolte.

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Donc, si vous en avez la possibilité, demandez à votre revendeur la qualité d’adaptation au climat de votre souche de shiitaké, vous pourrez ainsi choisir la plus favorable à vos conditions de culture!

Faire brunir son substrat de shiitakés

C’est LA différence avec les autres cultures. Pour parvenir à faire pousser correctement des shiitakés sur toute la surface du bloc de culture, il faut parvenir à faire brunir le substrat.

On peut observer que la culture de shiitaké pousse de manière moins homogène sur un substrat non brunis.
Lentinula edodes sur un substrat qui n’a pas bruni avant la fructification, on voit que peu de champignons se sont développés.

Ce brunissement est le résultat d’une exposition à l’air, notamment à l’oxygène. Une partie du mycélium s’oxyde et devient brun, voire marron selon les souches de shiitaké.

Après avoir passé la phase de « pop-corning » ( apparition de genre de verrues blanches irrégulières sur le substrat) vous pouvez déjà mettre votre substrat en fructification, mais vous n’obtiendrez pas de champignon sur toute la surface du bloc durant la première fructification.

Il y a deux méthodes pour faire brunir votre substrat de shiitakés.

  1. Vous pouvez ouvrir le sac et laisser le substrat à l’air libre dans des conditions d’incubation pour le laisser brunir.
  2. Ou bien vous pouvez laisser votre substrat dans le sac et augmenter la ventilation de la pièce, de l’incubateur dans laquelle il se trouve. Cette deuxième méthode a pour avantage de réduire les chances de contamination.

Après 1 à 2 semaines le substrat devrait avoir entièrement brunit et vous pouvez mettre votre culture de shiitaké en condition de fructification et en obtenir le meilleur potentiel !

Mimer l’environnement pour faire fructifier sa culture de shiitakés

Wu Sang Kwuang avait donc déjà remarqué que les bûches de shiitaké produisaient plus en étant frappées et mouillées.

Remarque: ce que je propose ici est également conseillé pour ceux qui souhaitent cultiver le shiitaké sur bûche ou rondin.

Dans la forêt, il pousse effectivement après les pluies torrentielles qui s’ablatent en montagne. Vous pouvez donc reproduire ce phénomène chez vous en trempant votre bloc de culture entre chaque récolte durant 12 à 24h pour regorger le substrat d’eau, comme le font les pluies dans la nature.

En ce qui concerne le fait de frapper le substrat pour augmenter le rendement du lentin du chêne, deux théories sont à l’œuvre dans le monde des myciculteurs.

La première théorie, explique qu’en frappant le substrat, on fracture le mycélium, ce qui permettrait de stresser celui-ci et de favoriser la pousse des champignons à travers sa croute marron.

La deuxième théorie parle d’imiter les arbres qui tombent dans la forêt. Sous l’effet du choc, le champignon reconnaitrait en cette secousse la fin de vie de l’arbre et irait se disséminer ailleurs, en formant des carpophores (fruit du champignon).

Quoi qu’il en soit, pour reproduire cela chez vous, frappez doucement mais sûrement votre substrat de shiitaké, juste avant son exposition aux conditions de fructifications.

Dans la réalité, les deux théories cohabitent certainement !

Récap’

Pour ceux qui serez tenter de faire pousser le shiitaké, un fabuleux champignon culinaire et médicinal retenez donc ceci :

  • Vous devez savoir si votre souche est une souche de climat froid, chaud ou tempéré pour pouvoir adapter sa culture.
  • Exposer le substrat du champignon à davantage d’oxygène pour pouvoir le faire brunir et obtenir des champignons sur toute la surface du bloc.
  • Imiter la nature en frappant et mouillant votre substrat pour obtenir le meilleur de ce qu’il a à vous offrir!

Et vous alors? Qu’est-ce qui marche le mieux pour faire fructifier vos shiitakés? N’hésitez pas à nous le partager en commentaire! 🙂

Si vous avez aprécié mon article vous êtes libre de le partager!

4 réponses sur “La culture du shiitaké et 3 spécificités pour bien le faire pousser !”

  1. Merci de répandre ce mycélium car cet article donne vraiment envie de tenter l’expérience surtout quand on connaît les vertus du shiitaké (et le prix en magasin :-p)
    Une question de néophyte : est-ce qu’on peut mettre les rondins dans une cave ?

    1. Merci pour votre intérêt.
      Oui en effet, on peut mettre les rondins ensemencées directement dans la cave(température entre 15 et 20 degrés pour les shiitakés). Ils peuvent incuber et fructifier à leurs rythmes. 😉

    1. Un moine cultivateur de shiitaké qui découvrit une souche un peu différente des autres..?
      Merci pour votre retour en tous cas!

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