La mycorhize : 7 types d’association

La mycorhize est une structure, entre un champignon et une racine de plante, qui permet d’Ă©changer des nutriments et des informations. Ce pont entre les individus est favorable, et, souvent indispensable pour les deux individus, c’est donc une relation de type symbiotique. La nature a crĂ©Ă© plusieurs types de mycorhizes, qui interagissent de maniĂšre diffĂ©rente en fonction du champignon et de la plante. Dans cet article je vous dĂ©taille les 7 types d’associations mycorhiziennes existant dans la biosphĂšre!

Gardez Ă  l’esprit que chaque plante et champignon peut former simultanĂ©ment plusieurs types de mycorhizes.

Les 7 différents types de mycorhize :

  • La mycorhize Ă  arbuscule
  • La mycorhize Ă©ricoĂŻde
  • La mycorhize arbutoĂŻde
  • L’endomycorhize monotropoĂŻdes
  • La mycorhize orchioĂŻde
  • L’ectomycorhize
  • L’ectendomycorhize

La mycorhize Ă  arbuscule (endomycorhize)

Toutes les espÚces du genre GloméromycÚtes font parties des mycorhizes à arbuscule. Il y a environ 85% de toutes les plantes qui sont impliquées dans ce type de relation symbiotique. ( Bryophytes, Ptéridophytes, Gymnospermes et Angiospermes )

Des fossiles ont mis en Ă©vidence ces associations, datant de 450 millions d’annĂ©es. La symbiose des mycorhizes Ă  arbuscule est de loin la plus ancienne des relations mycorhiziennes. C’est probablement pour ça qu’elle est si rĂ©pandue aujourd’hui dans le rĂšgne vivant, Ă  travers presque toutes les plantes du monde et les Ă©cosystĂšmes.

Dans les prairies, sa prĂ©sence permet d’augmenter la biodiversitĂ© d’environ 30%. Dans le dĂ©sert les mycorhizes arbusculaires sont critiques pour la santĂ© et l’hydratation des plantes. SpĂ©cialement pour les cactus qui ont peu ou pas de filament racinaire.

En tant que « gĂ©nĂ©raliste », elles peuvent s’associer avec beaucoup de plantes en mĂȘme temps. La mycorhize Ă  arbuscule peut se connecter intimement Ă  la majoritĂ© des plantes Ă  travers les Ă©cosystĂšmes pour former un rĂ©seau mycorhizien indĂ©finiment grand pour distribuer des ressources et des informations Ă  ceux qui y sont connectĂ©s.

Dans 1 m3 de sol, la longueur des mycorhizes Ă  arbuscules peut s’Ă©tendre sur plus de 3 kilomĂštres ! Plus que n’importe quel autre type de mycorhize, la prĂ©sence des mycorhizes Ă  arbuscules peut ĂȘtre un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant dans la diversitĂ© des plantes et l’assemblage des habitats qu’elles occupent. Si un champignon veut gouverner le monde, il devrait s’inscrire Ă  la sociĂ©tĂ© secrĂšte de la mycorhize Ă  arbuscule..!

Reconnaissons donc leurs influences, la mycorhize Ă  arbuscule a Ă©tĂ© beaucoup Ă©tudiĂ©e pour son importance Ă©cologique et Ă©conomique durant les derniĂšres dĂ©cennies. C’est la symbiose la plus Ă©tudiĂ©e en rapport avec les plantes et les champignons.

La forme des hyphes intracellulaire donne son nom Ă  la mycorhize Ă  arbuscule
Schéma de la structure de la mycorhize arbusculaire dans une coupe racinaire.

Une attention importante a Ă©tĂ© donnĂ©e par rapport Ă  la croissance des plantes et la fertilisation. La culture de beaucoup de plantes est amĂ©liorĂ©e par des inoculations de mycorhize Ă  arbuscule, comme celle du maĂŻs, du blĂ©, de l’orge et des oignons, augmentant leurs croissances respectivement de 2, 3, 4 et 6 fois.

Les mycorhizes arbusculaires peuvent rĂ©duire la fertilisation Ă  base d’intrant, comme pour l’azote ou le phosphore, de 30 Ă  40% dĂšs la premiĂšre annĂ©e.

Elles font partis des seules champignons qui peuvent rĂ©pondre Ă  la demande Ă©nergĂ©tique d’une baisse de nitrate dans le sol en la compensant par une forme d’azote qui peut ĂȘtre mĂ©tabolisĂ©e par les plantes.

La mycorhize Ă  arbuscule a montrĂ© qu’elle peut dĂ©fendre les racines contre des agents pathogĂšnes, comme les espĂšces du genre Fusarium et les moisissures du genre Phytophthora.

Les espĂšces du genre Fusarium peuvent ĂȘtre 3 Ă  10 fois moins abondantes dans les zones racinaires des tomates qui sont mycorhizĂ©es avec la mycorhize arbusculaire, comparĂ© Ă  des plants non mycorhizĂ©s.

Cependant, beaucoup d’agents pathogĂšnes infectent les racines plus rapidement que les mycorhizes arbusculaires. C’est pour cela que les associations mycorhiziennes devraient ĂȘtre prĂ©Ă©tablies pour rĂ©duire les infections pathogĂšnes.

Dans une étude [Babikova and all, 2013], on a montré que la mycorhize à arbuscule transmettait des informations entre les plants de tomates à travers le réseau mycorhizien : lorsque certaines plantes étaient attaquées par des pucerons, les autres plantes connectées au réseau mycorhizien ont commencé à produire des composés « anti-puceron » ( anti-pathogÚne).

En influençant le comportement de dĂ©fense de la plante, ces champignons ont indirectement crĂ©Ă© une cascade d’effets. Les molĂ©cules produites par les plantes ont attirĂ© des herbivores et autres prĂ©dateurs naturels des pucerons. C’est lĂ  que l’on peut observer la grande et indĂ©terminable influence qu’ont les mycorhizes Ă  arbuscules sur les Ă©cosystĂšmes.

Sur tous les continents, exceptĂ© en Antarctique, les champignons Ă  mycorhize Ă  arbuscule sont trouvĂ©s partout. Habitant les prairies, les forĂȘts, les dĂ©serts, les environnement aquatiques, les zones salines et bien d’autres Ă©cosystĂšmes.

Elles sont communes dans des sols neutres Ă  lĂ©gĂšrement alcalins, riche en minĂ©raux ( alluvions) avec une faune et flore riche. Dans les zones agricoles qui sont constamment labourĂ©es, la sporulation abondantes des espĂšces du genre Glomus permet leurs survies. Mais leurs hyphes ne peuvent s’allonger et aller coloniser d’autres plantes, comme pour la plupart des champignons mycorhiziens arbusculaires.

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Les GlomĂ©romycĂštes sont trĂšs adaptĂ©s pour s’associer grĂące aux mycorhizes Ă  arbuscule : leur ADN contient plus de 100.000 gĂšnes ayant un rapport avec cette symbiose. ComparĂ© Ă  d’autres types de mycorhizes, la mycorhize arbusculaire est facile et peu chĂšre Ă  cultiver.

La mycorhize Ă©ricoĂŻde ( endomycorhize)

Quelques genres de champignons dans l’ordre des AscomycĂštes possĂšdent des mycorhizes Ă©ricoĂŻdes. Les plantes qui font parties des Ericaceae, incluent celle du genre Erica ( les bruyĂšres) , Calluna ( les callunes) et Vaccinium (plantes variĂ©es produisant des baies. )

On trouve cette forme de mycorhize sur tous les continents sauf en Antarctique, gĂ©nĂ©ralement dans les prairies de hautes altitudes, dans les landes, dans la forĂȘt borĂ©ale (taiga) et dans la tundra ( sous-sol gelĂ© ).

Ces environnements extrĂȘmes sont caractĂ©risĂ©s par un sol pauvre en nutriments et trĂšs acide. Certaines de ces terres peuvent avoir un pH qui descend sous le 2,5, autant que du jus de citron ! Dans ces paysages durs et vastes ces formes de mycorhize agissent Ă©galement comme dĂ©composeurs, et permettent donc de faire vivre l’Ă©cosystĂšme en dĂ©bloquant des nutriments.

En ayant le rÎle de champignon décomposeur primaire et mycorhizien dans leurs environnement, ces espÚces sont des maßtres artisans des flux de nutriments dans ces habitats rudes.

Cependant la mycorhize éricoïde est peu étudiée, beaucoup de question sur la maniÚre dont elles survivent dans leurs environnement restent sans réponses


La symbiose Ă©ricoĂŻde se forme de maniĂšre externe, telle un rĂ©seau lĂąche de hyphes autour de l’extĂ©rieur des petites racines des plantes. De cette trame de mycĂ©lium, les hyphes pĂ©nĂštrent les cloisons des cellules corticales ( cellules de l’Ă©corce) de la racine, pour former des bobines intracellulaires, densĂ©ment emballĂ©es dans les cellules racinaires.

Cette association fonctionne principalement avec des plantes de type Ericacea
Schéma de la structure de la mycorhize éricoïde dans une coupe racinaire.

Une racine peut ĂȘtre si densĂ©ment emballĂ©e par des bobines que son volume peut ĂȘtre occupĂ© par 80% de mycĂ©lium. Le champignon fournit la plante en azote, provenant des protĂ©ines qu’il a digĂ©rĂ©. Sous des conditions extrĂȘmes, le champignon peut fournir son hĂŽte en carbone dĂ©rivĂ© de la digestion de polysaccarides et de protĂ©ines, Cette inversion de rĂŽle est une des hypothĂ©tiques raisons de leurs associations.

La mycorhize arbutoĂŻde

Beaucoup de genres parmi les BasidiomycĂštes crĂ©ent des mycorhizes arbutoĂŻdes avec des plantes du genre Arbustus (les arbousiers), Arctosphylos ( les busseroles, plantes d’AmĂ©rique) et les Comarostaphylis ( similaire Ă  la bruyĂšre, plantes d’AmĂ©rique).

La relation arbutoĂŻde est rĂ©guliĂšrement Ă©tablie avec des arbustes rustiques persistants et arbre de la famille des Artuboideae. Structurellement ces champignons dĂ©veloppent un fin manteau autour de l’extĂ©rieur de la cellule, puis un rĂ©seau Ă©tendu de hyphes entre l’épiderme et les cellules corticoĂŻdes de la racine, connu sous le nom de rĂ©seau de Hartig. Et enfin, une bobine intra-cellulaire, donc Ă  l’intĂ©rieur des cellules corticales des racines de la plante.

La structure mycorhizienne arbutoĂŻde Ă  une structure unique.
Schéma de la structure de la mycorhize arbutoïde dans une coupe racinaire.

La combinaison de ces trois caractĂ©ristiques est unique Ă  la mycorhize arbutoĂŻde. Les champignons impliquĂ©s dans la symbiose arbutoĂŻde sont d’une certaine maniĂšre unique parce qu’ils ne forment pas uniquement la structure endomycorhizienne dĂ©crite au dessus, mais peuvent crĂ©er simultanĂ©ment des structures trĂšs diffĂ©rentes( comme les ectomycorhizes ) avec des plantes en dehors de la famille des ArbutoĂŻdes. En d’autres mots, ces champignons ne forment pas seulement des rĂ©seaux mycorhiziens avec des plantes de diffĂ©rentes familles ( comme les mycorhizes arbutoĂŻdes ) mais peuvent aussi dĂ©velopper deux structures mycorhiziennes complĂštement diffĂ©rentes en fonction de la plante avec laquelle ils vont s’allier.

L’endomycorhize MonotropoĂŻde

Quelques genres de la Famille des BasidiomycĂštes, notamment les genres Tricholoma et Boletus crĂ©ent cette forme de symbiose avec toute les 10 genres d’Achlorophyllous ( plantes non chlorophylliennes) de la famille des Monotropaceae.

Toutes les plantes de la famille des Monotropaceae sont basiquement rouge, blanche, ou toute autre couleur non verte, du faite qu’elles ne pratiquent pas la photosynthĂšse. Sans la capacitĂ© Ă  pouvoir produire des sucres, ces plantes sont largement dĂ©pendantes de la formation d’une symbiose mycorhizienne pour survivre. Mais comme les champignons ne rĂ©alisent pas la photosynthĂšse non plus, ces sucres doivent ĂȘtre obtenus par des plantes, avec qui, les champignons mycorhiziens sont eux mĂȘme associĂ©s.

La relation monotropoïde est souvent décrite comme une forme de « myco-parasitisme » dans laquelle la plante achlorophyllienne vole le champignon, et par extension la seconde plante, en nourriture.

Cependant, la mycorhize monotropoĂŻde peut rĂ©aliser un flux de nutriment allant dans les deux sens. Ce flux bidirectionnel a Ă©tĂ© mis en Ă©vidence dans des Ă©tudes en utilisant du phosphore radioactif injectĂ© dans la plante monotrope, qui a pu migrer jusqu’à l’arbre voisin par l’utilisation du rĂ©seau mycorhizien.

Le type de mycorhize monotropoĂŻde s'associe champignons et plantes achlorophylle
Schéma de la structure de la mycorhize monotropoïde dans une coupe racinaire.

La structure monotropoĂŻde commence avec un manteau dense de mycĂ©lium qui entoure les racines de la plante. Depuis ce manteau, le champignon pĂ©nĂštre les cellules racinaires Ă©pithĂ©liales grĂące Ă  un hyphe « perceuse ». Cette association semble ĂȘtre une source primaire d’échange de nutriments, jusqu’à ce qu’elles gonflent et Ă©clatent au niveau des cellules des racines de la plante, relĂąchant le contenu cellulaire dans la plante. Cette auto-sacrifice par le champignon apparait gĂ©nĂ©ralement de Juin Ă  AoĂ»t, durant le temps de production des graines de la plante.

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Mycorhize OrchidoĂŻde

Ces symbioses se forment chez quelques genres de la famille des BasidiomycĂštes ( Armillaire, MycĂšne et Russule ) avec possiblement toutes les espĂšces de la famille des Orchideae ( environ 880 genres avec 22,000 Ă  25,000 espĂšces).

Les orchidées sont les plus complexes ou « les plus évoluées » de toutes les plantes, et aussi la famille la plus grande et diversifiée de toutes les plantes à fleurs. Comprenant environ 10% de toutes les plantes à graines, les orchidées sont 2 fois plus nombreuses que les oiseaux et 4 fois plus nombreuses que les mammifÚres.

Indubitablement, ce succÚs révolutionnaire est arrivé grùce aux associations mycorhiziennes que toutes les orchidées forment.

AprĂšs hydratation, le tĂ©gument de la graine se rompt et quelques courtes pseudo-racines en sortent, recherchant dans l’environnement un partenaire mycorhizien. Si un champignon compatible est prĂ©sent, son mycĂ©lium pĂ©nĂštrera l’embryon de la plante, lĂ  oĂč les cellules de l’orchidĂ©e s’invagineront absorbant l’hyphe du champignon. EntourĂ© d’une bulle de cytoplasme, cet hyphe s’étendra rapidement en une masse dense, enroulĂ©e, emballĂ©e et appelĂ©e « pelote ».

Comme un casse-croĂ»te fongique, la pelote meurt un jour ou deux aprĂšs s’ĂȘtre formĂ©e, c’est Ă  ce moment que les cellules de l’orchidĂ©e consomment les riches nutriments de l’hyphe-sandwich.

Les pelotes sont communĂ©ment la source primaire de nourriture des orchidĂ©es sauvages. Chaque cellule racinaire d’orchidĂ©e peut ĂȘtre nourrit rĂ©pĂ©titivement par des pelotes, amenĂ©s par des vagues de liasses d’hyphes, continuellement dĂ©veloppĂ©es et dissoutes Ă  l’intĂ©rieur d’une seule cellule d’orchidĂ©e.

L'association mycorhizienne avec les orchidées est la plus complexes de toute
Schéma de la structure de la mycorhize orchioïde

Un rĂ©giment nutritif peut Ă©galement se dĂ©velopper avec de multiples espĂšces de champignons, qui chacune Ă  tour de rĂŽle nourrissent la mĂȘme cellule racinaire, un peu comme une famille Ă©levant un enfant.

En gĂ©nĂ©ral, les semis d’orchidĂ©es s’associent avec plus d’espĂšce de champignons que les orchidĂ©es matures. Cette relation change au cours de la vie de l’orchidĂ©e, notamment quand les orchidĂ©es matures commencent Ă  produire leur propre chlorophylle.

Une fois mature, la plupart des orchidĂ©es chlorophylliennes sont toujours associĂ©es avec des champignons mycorhiziens pour obtenir de l’azote et du phosphore. Quelques-unes vont Ă©tendre leur dĂ©pendance Ă  leurs partenaires mycorhiziens en passant quelques annĂ©es sous le sol avant de dĂ©velopper des parties aĂ©riennes photosynthĂ©tiques et florales.

Un exemple bien connu de cette dĂ©pendance Ă©tendue sur des orchidĂ©es sauvages europĂ©ens appelĂ©s hellĂ©borines. Une fois que l’orchidĂ©e commence Ă  devenir photosynthĂ©tique, elle peut approvisionner le champignon en carbone, contredisant cette croyance de longue date car cela la relation n’était pas mutualiste.

Mais environ 200 espĂšces d’orchidĂ©es continuent Ă  ĂȘtre achlorophylliennes lorsqu’elles sont matures. ( Galeola, Gastrodia, Corallorhiza et Rhizanthella ). Les espĂšces du genre Russula s’associent souvent avec des orchidĂ©es achlorophylliennes.

Le champignon Rhizoctonia qui s’associe avec de nombreuses orchidĂ©es est aussi connu pour agir comme un dĂ©composeur pour les plantes non orchidĂ©es. Curieusement ce champignon ne semble pas produire de spores
 quelques espĂšce du genre Mycena s’associent avec les espĂšces d’orchidĂ©e Cymbidium et Gastrodia. Ces espĂšces de champignons sont plus connues pour agir comme dĂ©composeurs plutĂŽt que comme champignons mycorhiziens, un reflet de la flexibilitĂ© d’adaptation de beaucoup de champignons..!

Les semis de l’orchidĂ©e Gastrodia Ă©lata ( une plante utilisĂ©e traditionnellement en mĂ©decine chinoise ) dĂ©veloppent des structures mycorhiziennes avec le champignon saprophyte Mycena osmundicola, mais quand celle-ci arrivent Ă  maturation, elles changent de partenaire pour l’Armillaire couleur de miel ( Armillaire spp. ) un parasite commun des arbres.

Le genre d’orchidĂ©e Dracula ( environ 150 espĂšces du Mexique au PĂ©rou ) produit une unique aire de pollinisation dans le centre de sa fleur qui ressemble Ă  un petit champignon. Ces structures sont Ă©tudiĂ©es pour attirer les mouches fongiques, intervenants dans la pollinisation de cette plante. Elles font parties du peu d’exemple bio-mimĂ©tiques trouvĂ©s dans les espĂšces non fongiques.

La plupart des cultures d’orchidĂ©es ne sont pas inoculĂ©es lors du semi avec des espĂšces de champignons mycorhiziens. Elles sont plutĂŽt produites sur un milieu riche en nutriment avec des Ă©quipements et des techniques similaires Ă  la culture des champignons.

La maturation des orchidĂ©es requiert un environnement humide similaire Ă  celui que l’on utilise pour la fructification des champignons. D’ailleurs aux Etats-Unis, des fermiers champignonnistes se transforment en cultivateur d’orchidĂ©es et vice versa ! Ce changement est en parti du Ă  des conditions Ă©conomiques gĂ©ographiques.

Cependant une Ă©tude [Umata, 1998] dĂ©montra que le shiitakĂ© et quelques autres espĂšces de champignons dĂ©composeurs peuvent supporter le dĂ©veloppement d’orchidĂ©es achlorophylliennes du genre Erythrorchis.

D’autres relations associatives champignons-orchidĂ©es n’ont probablement pas encore Ă©tĂ© dĂ©couvertes, une aventure prometteuse pour amĂ©liorer la beautĂ© et la diversitĂ© de ces deux pratiques culturales. Peut-ĂȘtre que dans le futur, la combinaison Ă©lĂ©gante de la culture des champignons et de la culture des orchidĂ©es par les humains sera comme un symbole de la plus haute forme d’association entre les organismes les plus « Ă©voluĂ©s » des Plantae, Animalia et du royaume fongique.

Les ectomycorhizes ( mycorhize interne)

Elles reprĂ©sentent 5 000 Ă  6 000 espĂšces dans 65 genres avec environ 2/3 de BasidiomycĂštes ( Amanita, Boletus, Cortinarius, Lecinum, Pisolithus, Rhizopogon, et Suillus ) et 1/3 sont des AscomycĂštes ( Tuber et Terfezia ). Cette association est trouvĂ©e chez 5% des plantes terrestres (140 genres dans 43 familles ) incluant environ 3% des plantes Ă  graines et la majoritĂ© des arbres forestiers ( eucalyptus, chĂȘnes, peupliers, hĂȘtres, bouleaux, saules et Ă©picĂ©as).

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Les ectomycorhizes sont considĂ©rĂ©es comme les types de relations mycorhiziennes les plus avancĂ©es, avec une origine datant d’approximativement de 250 millions d’annĂ©es.

Beaucoup de champignons ectomycorhiziens peuvent ĂȘtre spĂ©cifiques Ă  un hĂŽte. Par exemple Boletus elegans tend Ă  pousser uniquement avec des mĂ©lĂšzes. Alors que d’autres espĂšces comme Amanita muscaria sont plutĂŽt cosmopolites et peuvent s’associer avec plus de 20 espĂšces d’arbres.

Inversement, quelques arbres peuvent former plusieurs associations, comme l’EpicĂ©a commun ( Picea albies) qui peut s’associer Ă  une centaines de champignons ectomycorhiziens diffĂ©rents.

Le genre Lactarius et Russula sont considĂ©rĂ©s comme les plus importantes espĂšces ectomycorhiziennes tant elles peuvent former d’associations variĂ©es avec diffĂ©rents arbres dans le monde.

Les champignons ectomycorhiziens confÚrent de nombreux bénéfices à leurs partenaires. Par exemple, Pisolithus tinctorius et Thelephora terrestris sont anti-parasitiques contre le pathogÚne racinaire Phytophthora cinnamomi sur les espÚces du genre Pinus.

Laccaria laccata peut réduire les maladies causées par Fusarium oxyporum sur les arbres Pseudotsuga menziessi, Picea abies et P. sylvestris. Quelques espÚces de champignons ectomycorhiziens produisent des antibiotiques qui peuvent lutter contre les pathogÚnes.

Pisolithus tinctorius peut tolĂ©rer des tempĂ©ratures de sols allant jusqu’Ă  40°C, faisant de lui un partenaire de choix pour les espĂšces de pins plantĂ©s dans les rĂ©gions chaudes. Beaucoup d’arbres des forĂȘts ne survivraient pas sans leurs champignons partenaires, mettant au premier plan l’intĂ©rĂȘt, pour la sylviculture, de compter sur les inoculations d’ectomycorhizes pour le succĂšs des plantations.

Structurellement les champignons ectomycorhiziens forment un manteau gainant autour des racines de leur plante partenaire avec une Ă©paisseur de 5 Ă  10 hyphes ( environ 50 Ă  100 ÎŒm). Ce manteau est l’endroit ou les fungis absorbent et stockent les nutriment comme l’azote, le phosphore, le potassium et le calcium.

L'ectomycorhize ne créé pas de structure intracellulaire avec les racines de la plante.
SchĂ©ma de la structure de l’ectomycorhize dans une coupe racinaire.

A partir de cette couche, les hyphes traversent Ă  l’intĂ©rieur de la racine pour former une structure que l’on nomme le rĂ©seau de Hartig, entre les cellules racinaires. Contrairement aux champignons endomycorhiziens, les ectomycorhiziens ne pĂ©nĂštrent pas la paroi des cellules racinaires, bien qu’elles puissent envelopper l’entiĂšretĂ© des cellules racinaires avec leurs gaines.

Les ectomycorhizes peuvent augmenter la surface d’un systĂšme racinaire par un facteur x 47. Souvent, les racines rĂ©sultantes de cette association tendent Ă  se sous-dĂ©velopper, et Ă  prendre une apparence courte et bouffie.

Le mouvement de stockage des sucres par la plante, dans ses propres racines, en fin d’Ă©tĂ© et en automne, peut ĂȘtre influencĂ© par la formation de champignons ectomycorhiziens. Cependant, la largeur de taille de certains champignons ectomycorhiziens, comme le cĂšpe de Bordeaux (Boletus edulis) et le Matsutake ( Tricholoma matsutake) peuvent ĂȘtre partialement attribuĂ©es Ă  des actions saprophytes.

Environ 25% des champignons ectomycorhiziens donnent des fruits dans le sol (hypogée), comme la truffe et ses apparentés. Les 75% restant de champignons à ectomycorhizes, forment des fruits au dessus du sol ( épigée). Il faut noter que, certains champignons peuvent aussi former des mycorhizes arbutoïdes et monotropoïdes.

Les fungis Ă  ectomycorhizes prĂ©dominent dans la strate supĂ©rieure du sol, lĂ  oĂč il y a des dĂ©bris organiques grossiers, oĂč le sol acide reçoit une grande quantitĂ© de prĂ©cipitation et oĂč la faune et la flore a une diversitĂ© relativement faible. LĂ  oĂč la diversitĂ© de ces champignons ectomycorhiziens est grande, on trouve souvent un gradient d’espĂšce, avec l’avancement de l’Ăąge de la forĂȘt.

Autour du tronc de l’arbre, des segmentations radiales d’espĂšces se produisent. DiffĂ©rents champignons ectomycorhiziens peuvent ĂȘtre trouvĂ©s, occupant des zones spatiales distinctes.

Les champignons ectomycorhiziens semblent ĂȘtre plus prĂ©sents dans les forĂȘts des zones tempĂ©rĂ©es que dans celles des zones tropicales. Dans les zones borĂ©ales, ils peuvent reprĂ©senter plus de 32% de la masse du sol! Beaucoup de ces champignons ectomycorhiziens peuvent aussi former des mycorhizes Ă©ricoĂŻdes.

L’ectendomycorhize ( interne et externe Ă  la racine)

Quelques espĂšces d’AscomycĂštes et de BasidiomycĂštes peuvent former cette association avec les arbres du genre Pinus (pins) Picea ( Ă©picĂ©a) et Larix ( mĂ©lĂšze ).

Ce genre de mycorhize n'est présent que durant les forts stresses de la plante
SchĂ©ma de la structure l’ectendomycorhize dans une coupe racinaire

Cette forme de mycorhize peu Ă©tudiĂ©e est principalement trouvĂ©e dans les plants de pĂ©piniĂšres et rarement dans les Ă©cosystĂšmes forestiers. Comme son nom l’indique, cette mycorhize possĂšde des caractĂ©ristiques ectomycorhiziennes mais elle peut Ă©galement dĂ©velopper une structure intra-cellulaire, soit Ă  l’intĂ©rieur des cellules de la racine. Il est possible que cette relation dualiste ne se dĂ©veloppe que sous des conditions de stress extrĂȘme pour la plante, auxquelles le champignon de soutien tente de remĂ©dier.

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